Sur les traces du bouton en bois depuis son origine

Peut-être avez-vous déjà rencontré cette citation de Von Goethe : « Une fois que vous avez manqué la première boutonnière, vous ne réussirez jamais à vous boutonner ».

Mentionnant cette problématique plutôt comique et agaçante, ce poète, né en 1749, nous indique donc que les couturiers utilisaient déjà  boutons et boutonnières à cette époque-là. Peut-on savoir s’ils existaient avant le 18ème siècle ?

Jusqu’où faire remonter l’histoire du bouton de vêtement

Dans l’Europe médiévale, les pans des vêtements étaient accrochés ou retenus par des broches, fermoirs ou fibules (genre d’épingle de sûreté). Donc, les tissus étaient pincés ou percés. Puis l’on s’accorde à dire que l’invention allemande de la boutonnière et son bouton date du 13ème siècle.

Cette belle invention se propage alors dans toute l’Europe à tel point que des lois somptuaires sont adoptées pour en limiter leur utilisation. En particulier interdire à certaines classes d’orner leurs vêtements de boutons en métal, cuivre, argent ou or.

Ils avaient donc la permission de coudre des boutons en corne, en cuir, en pierre, en céramique, en coquillage, en os et en bois. Ouf ! Les 2 derniers matériaux cités étaient les plus courants.

Boutons en bois anciens
De vieux boutons en bois

Je vous présente, ce qui est catalogué comme le plus vieux bouton d’ornement découvert dans la vallée de l’Indus. Il aurait entre 4600 et 4800 ans !

Les boutons fantaisie envahissent les vêtements

Par contre, ceux qui avaient le droit de porter des boutons en mettaient partout. Les hommes pouvaient avoir une tenue avec des boutons sur le devant de la veste, du col à la taille, sur les manches, des coudes aux poignets et sur leur pantalon, à la taille, aux genoux et aux cuisses.

Vêtement de Charles de Blois en 1360 avec de nombreux boutons
Vêtement de Charles de Blois 1360

Il existait alors de nombreux fabricants de boutons à Paris, où les acheteurs pouvaient trouver leur bonheur dans de nombreux matériaux, bois compris.

Au 18ème Siècle, la cour de Louis XIV lançait la mode des boutons « bijoux ». Les fabriquants priviliégiaient alors les métaux précieux et les tissus brodés.

A partir de cette même époque, un peu partout, les boutons en acier, laiton, fer doré au mercure, ont connu de longues années de popularité.

Boutons fantaisie avec monture en acier de 1760
Boutons avec monture en acier de 1760

Chaque pays avait son bouton préféré

Mais chaque pays voulait garder son savoir-faire et sa spécialité. D’autant que le bouton restait avant tout un atout d’ornement.

Par exemple, les boutons en porcelaine étaient une spécialité française, et ceux en verre, une spécialité de la République Tchèque.

Les boutons en céramique aux motifs traditionnels peints à la main étaient une spécialité Japonaise. Et bien que les Chinois ont mis au point une très belle manière d’attacher leurs vêtements avec les nœuds d’attache, ils se sont également spécialisés dans la confection de boutons en bois sculptés sur l’épaisseur.

C’est au 20ème Siècle que les boutons sont devenus plus utilitaires. Les nouveaux matériaux débarquent. Le polystyrène, les résines de polyvinyles, la cellulose…

On les fabrique en masse en comprimant du plastique en poudre dans des moules.

Musée du bouton
Il existe même un musée du bouton

 Et voilà comment les boutons fabriqués de façon artisanale deviennent des pièces de valeur pour les fibulanomistes (collectionneurs de boutons).

Les boutons fabriqués à partir de produits naturels, comme les boutons en bois, sont toujours disponibles, bien que nécessitant plus de travail à la main. Par contre, certains matériaux autrefois utilisés, sont difficilement accessibles, voire non disponibles ou interdits.

Par exemple, des lois protègent les animaux en voie de disparition tels que les baleines (ivoire), les éléphants (ivoire) et les tortues (écaille). Et c’est tant mieux !

Jusqu’au cher bouton indestructible

La dernière invention date de 1993.

L’idée du bouton « indestructible » a germé dans l’esprit de Monsieur Coors et le bouton « Diamond Z » est né. Fabriqué à partir de sable transformé en zirconium après une cuisson à 3200 degrés. Plus dur que l’acier ! Pourquoi ne le connaissons-nous pas ? Tout bêtement à cause de son coût de fabrication.

Quoi qu’il en soit les boutons ne sont pas prêts à disparaître de nos vêtements. Et les boutons en bois ont aujourd’hui le vent en poupe, que ce soit sur nos vêtements ou pour l’art du scrapbooking.

Nous remercions les artisans qui nous permettent de les embellir tout en respectant notre habitat et notre compte en banque.

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